RETOUR D'EXPERIENCE
Stage "Le conte, une médiation éducative" - Niveau I
du 4 au 8 avril 2011 à La Rochelle
Présentation du stage par l'organisme :
Organisée par le CERF (Conseil, Etudes, Recherche, Formation)
7 rue du 14 juillet
BP 70253
79008 Niort Cedex
05 49 28 32 00
Site www.cerf.fr
Personnel concerné – pré-requis : Tout personnel médical, social, éducatif, enseignant et des divers services souhaitant acquérir la technique de cet outil de médiation.
Formatrice : Marie Paule MANAC'H, éducatrice spécialisée, formatrice en travail social et conteuse.
Objectifs : Ce stage, illustré par des expériences éducatives, a pour objet de permettre à chaque participant de découvrir l'intérêt du conte traditionnel dans l'éducation et de s'initier à l'art du conte. Cette formation constitue une approche des dimensions éducative et pédagogique du conte. Elles sont traitées sur le même plan sans privilégier l'une ou l'autre.
Contenu : Avoir une parole, produire des mots, accompagner les enfants et les adultes en difficulté n'est-ce pas, selon la formule de F. Dolto, "Etre des contaminateurs de culture" ?
- Le conte et la tradition orale. Tentative de définition. Les différents genres,
- Choix d'un conte, pourquoi et comment ? Problème de répertoire, adaptation des contes traditionnels,
- Mise en situation de raconter,
- Les différentes phases du travail pour apprendre un récit à partir d'un texte. La mémorisation des différents moments du conte,
- Impact éducatif du conte, exemples,
- La place de l'atelier "conte" dans l'institution,
- Se créer un répertoire.
Méthodes et moyens pédagogiques : Ce stage articule des exercices pratiques d'initiation à l'art du conte et une réflexion sur son utilisation dans les fonctions éducative et pédagogique dans le cadre d'une approche généraliste.
Retour d'expérience
5 jours intensifs. Les matins étaient consacrés à la partie théorique, agrémentée de contes captivants qui servaient d'exemples à notre formatrice. Et les après-midis, les stagiaires prenaient le relais, préparaient et racontaient des histoires en groupe en suivant divers consignes.
Nous étions 10 stagiaires : une majorité d'éducatrices spécialisées, une psychologue, un kinésithérapeute. J'étais la seule bibliothécaire. Je participais à ce stage pour améliorer les animations qu'une collègue et moi proposons toutes les 8 semaines à l'Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne, un foyer de vie et un Institut Médico-Educatif de Châlons-en-Champagne.
La plupart d'entre nous venait en pensant apprendre à mieux lire des histoires et avait d'ailleurs apporté des livres. Mais nous avons bien vite réalisé qu'il allait nous falloir conter, sans apprendre par cœur les histoires mais en improvisant autour d'un fil conducteur. Difficile les premiers jours, cette méthode nous a vraiment enrichis, et pour ma part m'a donné de l'assurance.
J'ai aussi découvert que les questions que je me posais étaient pour beaucoup les mêmes que celles des éducateurs spécialisés qui travaillent tous les jours avec un public handicapé ou en difficulté : par exemple sur le choix pertinent des textes à raconter. J'ai vraiment apprécié de participer à ce stage, entourée de professionnels.
Quelques unes des choses que j'ai apprises ainsi :
- Il est important de renforcer les rituels, les formules,
- La présence du conteur a plus d'impact que la simple écoute d'un conte sur CD,
- Pour un conte merveilleux, tant qu'il y a réparation à la fin du conte, on peut tout raconter. Il est donc important d'aller jusqu'au bout de l'histoire,
- Un conte cadre (à tiroirs) permet de raconter plusieurs histoires à la suite. Il peut être dit à chaque atelier, comme rituel,
- Le conte ne se "prescrit pas" comme un médicament. C'est la liberté de chacun de se l'approprier ou pas,
- Ne plus "lire" mais "raconter" l'histoire donne une autre dimension au conte et surtout permet les échanges de regards avec le public, parfois seul moyen de communiquer,
- Pour raconter sans livre, il est inutile d'apprendre par cœur le texte. Il faut en repérer la trame, les personnes, les lieux, les objets magiques, les formules… et improviser / broder autour / suivre son inspiration et son imagination pour s'approprier le conte et pouvoir le partager.
Depuis ce stade, j'ai pu mettre en pratique une bonne partie de ces apprentissages et cela se passe très bien, que ce soit avec un public d'enfants polyhandicapés ou d'adultes handicapés mentaux.
Je suis à votre disposition si vous souhaitez discuter plus avant de cette formation et de mon expérience.
Résumé : Retour d'un stage sur le conte comme médiation éducative, dans le cadre d'animations proposées par deux bibliothécaires pour un public de personnes handicapées mentales ou polyhandicapées.
